( AFP / JAIME REINA )
Finnair, qui a souffert de la fermeture de l'espace aérien russe, vise d'ici à 2029 une croissance annuelle de ses passagers de 4% en renforçant ses "marchés clés", a annoncé mardi un des dirigeants de la compagnie aérienne.
Le transporteur finlandais assume une expansion "mesurée", en adéquation avec la demande de ses clients, mais aussi les "réalités géopolitiques", a expliqué Geoffrey Carrage, son directeur pour l'Europe du sud, lors d'une conférence de presse à Paris.
Finnair, durement touchée par la pandémie de Covid-19 comme l'ensemble du secteur aérien mondial, a subi un deuxième coup dur depuis 2022 avec la fermeture de l'espace aérien de la Russie aux compagnies européennes, en représailles aux sanctions décrétées dans la foulée de l'invasion de l'Ukraine.
L'entreprise, pionnière des trajets par le pôle Nord, s'était fait une spécialité de relier l'Europe à l'Extrême-Orient en capitalisant sur sa plateforme de correspondance d'Helsinki.
Mais elle a dû réorganiser son réseau long-courrier en développant davantage les routes nord-américaines, et en réduisant sa desserte de la Chine, dont les transporteurs bénéficient d'un avantage concurrentiel puisqu'ils peuvent survoler le territoire russe.
Malgré des trajets rallongés de plus de trois heures, elle continue à desservir le Japon avec jusqu'à 28 liaisons hebdomadaires prévues cet été, partagées entre quatre aéroports, Tokyo-Narita, Tokyo-Haneda, Osaka et Nagoya, a souligné M. Carrage.
Parmi ses 80 appareils figurent aussi des court et moyen-courriers, avec lesquels elle dessert l'Europe et en particulier les pays scandinaves, qui connaissent un net développement du tourisme estival ces dernières années, selon lui.
Redevenue rentable dès 2022, Finnair a transporté en 2025 "quasiment 12 millions de passagers", soit une hausse de 2,5% sur un an, un volume de voyageurs à mettre en rapport avec la population finlandaise, quelque 5,5 millions de personnes.
Elle vise "une croissance rentable" pour atteindre une marge opérationnelle de "6 à 8%" à l'horizon 2029, et promet des "investissements disciplinés" de 2 à 2,5 milliards d'euros d'ici là, "notamment dans le renouvellement partiel de la flotte court et moyen-courrier", a ajouté le dirigeant.
Détenue en majorité par l'Etat finlandais, Finnair, qui revendique une centaine de destinations, de Tallinn à bientôt Melbourne (Australie) via Bangkok, est l'une des rares compagnies aériennes européennes, hors low-cost, restée indépendante, alors que les opérations de consolidation se sont multipliées ces dernières années.
La compagnie scandinave SAS, rivale de Finnair, est ainsi en train de rejoindre le giron d'Air France-KLM.
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer